Dessin d'Eric S - "Respire"
 
     
     
Toi, homme...
Toi qui est si prompt à te méjuger,
Toi qui est si vif à accuser le ciel, la terre, les enfers, de toutes tes souffrances,
Oui, toi, homme... dis-moi, parle-moi, dis-moi pourquoi tu devrais être sauvé ?

Moi... homme...
Moi, qui vole dans des engins, mais qui ne sait que survoler mon âme,
Moi, qui accuse le ciel, car je ne peux voir ma faute, ressentir ma vraie nature,
Oui, moi, homme, je rêve d'un monde d'amour, je rêve d'amour, impossible à mon réveil alors je n'ose rêver mon Eveil,
Laissez-moi le Temps, donnez-moi l'espoir pour que je l'emplisse de mes rêves, espoir d'être pardonné, ne me lâchez pas la main, même si je nie, et rit trop fort, je rêve la nuit... Je n'ose encore m'envoler de peur de tomber, mais un jour... j'y arriverai...

 
 

Moi, homme, tel le goéland, mes ailes m'empêchent d'avoir une démarche gracieuse sur terre, je porte maladroitement encore ma divinité...
Oiseau Divin exilé !

Toi, homme,

toi qui rêve d'un monde d'amour mais qui tremble d'effroi à l'idée de le construire,
tu réclames du temps ? mais le temps t'as été donné...
tu réclames de l'espoir ? mais qu'as-tu fait de tout celui qui t'a été offert ? A chaque instant tu le crucifies, tu le tortures, tu l'écrases, tu lui arraches le coeur...

Tu réclames, comme un enfant, les signes de ton Père, et quand Il te répond, oui, tu ris fort et tu nies. Tu réclames comme un enfant gâté, encore et toujours, et pourtant encore et toujours tu Lui tournes le dos, suivant sans le voir, celui qui t'entraîne vers l'abîme de noirceur...

Tu n'oses croire, dis-tu ? tu n'oses croire... tu n'oses croire ton Dieu et pourtant tu crois ton Diable ! incroyable paradoxe !
Et quand l'Un te laisse libre, l'autre joue avec toi comme un marionnettiste à qui tu laisses toutes les ficelles... As-tu si peur de la Liberté ?

Homme, personne ne te lâche la main, mais que fais-tu toi, pour donner vie à ton rêve ? Qui peut, à ta place, choisir ?

Dis-moi, homme, fais-moi entendre ta voix !

Au bord de l'été, il neige...
Il neige des Semences de Vie, et mon âme Inspire...

Vois, Homme, ces Semences de Vie, portées par le Vent, sur les courants solaires, sur les courants lunaires. Duveteuses, soyeuses et si blanches, elles valsent et voyagent, dans une ronde magique, sur les ailes du Vent. Et lorsqu'elles se déposeront, la Terre les accueillera en son sein, l'Eau les abreuvera sans fin, et le Feu qu'elles contiennent s'éveillera enfin. Vois, et inspire, Homme, ces Semences de Vie qui voguent à l'Infini.

Mais ton nez s'en irrite et tu éternues... serais-tu donc devenu allergique à la Vie, Homme ? Qu'importe ! Inspire ! Emplis-toi d'elles, car elles sont à ton image !

Tu n'es rien et tu es Tout, c'est dans ce paradoxe que je t'aime, à l'infini. Petite Semence de Vie, tu as grandi, mais ton paysage a été dénaturé, et comme tes yeux se sont fermés, tu n'as rien vu. Tu as oublié l'Ode à la Vie... mais il est temps de te rappeler...

Paix sur toi, Homme, retrouve ta Foi et Lève-toi.

Combien faut-il encore à l'homme de couloirs et d'ombres afin de voir la Lumière ?
Combien de migrations, de corps en corps, de vies en vies afin de retrouver La Vie ?
Combien de peines, de mains qui s'agrippent à la pierre, avant de concevoir l'Autre Lui-Même ?
Combien de mots devra-t'il dire et entendre, afin de concevoir le Silence Radieux ?
Combien de maux se fera-t'il subir afin de ressentir le Beau ?
Combien de "je t'aime" devra-t'il prononcer, afin de devenir J'Aime ?
Il est temps, il est l'heure, la période des moissons est là, et les petites herbes comme les épis mûrs donnent le meilleur d'eux-mêmes, offrent leur part de soleil au Soleil Infini...
Ainsi le cycle des vies pourra cesser, et il ne résidera que la Vie dans toute Sa Splendeur.

 
     
 
     
Iloha, Zhylandhya
(20/03/2006-17/05/2006)
 
 
 
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