Dessin de 'Nous' - "Ankh, la Croix de Vie"
 
     
     

Simple moment de Vie, où la vie semble s'arrêter, finir avec ce corps qui refuse, se tord refusant de croire qu'il puisse se fondre dans la négation d'éternité...
Je côtoie ce passage, je vois dans ces yeux si humains, si fragilement perdus, la solitude devant ce départ annoncé depuis la naissance humaine.
Ces corps usés par la vie terrestre, ce parcours d'une étoile dans le ciel avec éclipses, rayonnements insouciants et déclins, ce corps prison d'une âme, inconscience de vie, appelle la fin, mais ne peut se résigner à quitter ce qui l'a porté jusqu'au bout : l'habitude, alors la peur l'habite.
Ceux qui ont cru, prient, les autres souffrent...
Solitude, solitude... le lâcher-pise est une lente descente, une résignation plus qu'une prise de conscience.
Elle me dit : "A demain !" et ses yeux me disent :" dites-moi que tout sera doux, que tout sera calme".
Elle me dit : "J'attends la mort, je ne suis plus rien" et ses yeux me disent : "J'ai peur d'être seule, dites-moi que je suis aimée".
Elle me dit : "tout est bien !" et ses yeux disent : "Où vais je ?"
A cet instant, pas de mots, caresses du temps, douceurs d'un humain envers un autre humain, l'amour entoure le moment présent avant qu'il ne devienne éternité... Amour !!!

 
 


Qu'il ait eu une vie sage ou dissolue, l'humain devant la mort reste seul, enfant éternel, attendrissant, fleur précieuse ou fleur des champs, baissant sa corolle, humblement, ne voyant plus sa beauté et pleurant devant la bise qui l'emporte, elle ignore que sa magnificence la porte déjà vers une autre prairie...

Nous tous ici, et ailleurs, parlons de l'immortalité de l'âme, de notre Union au divin, j'adhère, je ressens, humblement je sais...
Mais gommer de nos réflexions, de nos partages ce passage, est à mon sens oublier le poids de la matière, une réalité qui pèse sur nous tous, quoi que l'on dise.
Travailler sur notre connection intérieure est essentiel.
Pourtant la majorité de nos frères affrontent ce passage dans un dénuement qui mériterait, je pense, que nous nous tournions vers cette humanité en souffrance et ne plus l'occulter.
Nous naissons à la terre, seul, car c'est aussi un instant de souffance, nous mourons à la terre seul, même si nous nous sommes préparés à ce changement de vie...
La vieillesse est une étape de préparation à ce cycle, elle devrait être sagesse, retour vers la conscience sereine, il n'en est rien...

J'ai vu leurs yeux dans cet instant, pas de souffrance pour moi, mais compassion devant cette humanité qui a perdu la réponse...
Alors je n'ai que mes bras, tout doucement pour les bercer, d'âme à âme, pour les emmener vers leur Eternité.
Ouvrir le chemin en accueillant leur totalité, les porter tendrement dans le rose et blanc, afin que le matin soit pour eux, tout doux... transparent...
Fermer leurs yeux, afin qu'ils les ouvrent, confiants, dans une autre dimension...

Mais qu'est-ce que la vie ?
Naître pour s'éteindre ?
Qu'emporterons-nous d'ici bas avec soi lorsque le moment sera là... rien de bien dense si ce n'est les sillons que nous aurons gravés de nos actes réussis ou manqués.
Bien que fatigué, usé, le corps à sa fin appelle au repos, mais alors pourquoi autant de désespoir, de peur dans le regard lors du départ ?
Naître n'est pas être... la mort c'est être hors du corps.
Entre les deux... le vécu, les expériences de la terre dans le corps dense mais aussi une autre vie qui est, qui grandit trop souvent dans le silence.
Et c'est quand l'heure sonne que l'homme devient tout petit devant la fin qui résonne, que ses forces qu'il croyait vitales, viennent à l'abandonner pour se laisser happer par un autre monde qu'il avait oublié.
Alors la peur l'habite, ne sachant plus où il va s'en aller, vers quelles contrées son nouveau chemin va le mener.
Comment partir de Lumière éclairé si, sa vie durant, l'homme a marché les feux éteints, ne distinguant seulement qu'avec ses yeux humains ?
Faire de la tristesse un tremplin pour accompagner, rassurer un des nôtres nous ouvrira les portes de notre éternité et offrir ainsi une myriade de lumières à celui qui vient de nous quitter.

 
     
Iloha, Lughini
(22/02/2006)
 
     
 
 
 
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