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De
toutes mes entrailles j'ai crié mon désarroi, perdue j'étais
dans ce monde sans foi, sans loi, sans tolérance.
De tout mon amour, j'ai vécu pour Lui, j'ai vécu pour elle,
j'ai vécu pour vous.
Ai-je commis l'erreur d'être trop humaine, ai-je porté la
faute d'être femme, ai-je porté le poids d'être aimée
par Lui ?
Pour en arriver là, trahie par mes amis, haïe par ce monde,
tourmentée dans ma chair, bannie comme une renégate, portant
à bout de bras mon enfant, chétive et tremblante, elle aussi
par ma Nature se retrouvant perdue dans le dédale des peurs et
ses yeux qui me disent "ne pleure pas maman, pourquoi autant de haine
?"
J'ai porté jusqu'au bout de mes forces l'enseignement sacré,
ma tâche fut sincère, et mon pied toujours sûr, mon
coeur toujours ouvert, et voila qu'aujourd'hui je meurs...
Je sens la terre dans ma bouche, et mes yeux brûlent, chaque respiration
me donne enfer dans mes poumons... je meurs en vous aimant, malgré
tout avec vous, humaine comme vous, vous qui avez sacrifié mon
aimé, vous tuez sa servante , vous l'étouffez dans la poussière,
une femme doit se taire, une femme ne peut être vierge à
vos yeux. Le temps n'est pas venu, il viendra, et je reviendrai pour accomplir
mon amour !
La terre est lourde sur mon corps, elle le fut toujours... alors que ce
corps de terre repose ici, pourrisse en ce lieu, que personne ne le déterre
jamais afin que sa substance nourrice la matrice et donne dans l'avenir
fleurs et fruits du don dans l'absolu.
Je bénis, dans mon linceul de terre et de boue, celui qui a sauvé
ma fille des furies vengeresses, dans mon éternité, je le
bénirai aussi........
Rabouni, Rabouni où es tu ? La vie se fait plus lente et je rends
l'âme à Dieu...
Ils ont fermé la grotte, effacé tous leurs pas, laissé
derrière eux, morte vivante que je suis, je meurs mais je vis encore...
dans un dernier sursaut je me bats pour leurs vies, leur ignorance, et
leurs peurs ont voilé leurs regards, pas leurs âmes... Ô
hommes je vous aime, moi la femme, moi l'insoumise, je vous aime...

Dans
son humble demeure, elle gît dans un lit de poussière, les
hommes ont ainsi cru la porter dans l'oubli.
Pour que le peuple se lève enfin, combien de combats et combien
de victimes ?
Et dans la nuit noire combien d'enfants égarés ont pu retrouver
le chemin qui mène à la pleine lumière ?
Mais qui est-elle ?
Qui fut-elle pour que ses jours et ses nuits sur terre soient écourtés
?
Une simple lumière, une âme esseulée ?
Et dans son coeur et ses veines, quel sang donc coulait ?
Le corps perd la mémoire, mais l'âme jamais !
Quelle fut donc son histoire en l'homme dévoilé ?
Elle porte en son nom bien des trésors secrets, comme une rose
qui ne s'ouvre qu'après belle rosée, et le printemps arrive,
la voilà droite et belle, elle ouvre enfin ses mains, et regarde
le monde... Elle aime avec un naturel qui signe sa lignée, celle
des initiés, le saint Sang révélé !
On peut tout dire d'elle, la jeter aux orties, n'y croire qu'à
moitié, sourire en ironie, mais de sa force divine, femme au destin
béni, elle prend vos injures et vos regards haineux pour en faire
culture du don le plus précieux, elle donne tout d'elle par amour
des Cieux...
Sous son pied se tient la terre, dans ses cheveux l'astre du matin, et
dans ses mains graciles la lune et les étoiles...
Elle agira sans bruit, aujourd'hui elle revient, portant la voie royale,
celle de l'amour Divin. La compassion sans faille se déverse en
flot rose et or sur la terre qui regarde mais ne saurait encore comprendre.
Elle est d'un autre temps et pourtant éternelle, elle est pourtant
humaine et autre à la fois, elle EST tout simplement, elle, Mère
Cosmique, dans son habit humble, elle veille et éveille... Elle
fut et sera !

Pourquoi
la femme, pourquoi le sommeil, pourquoi l'éveil...
Pourquoi ce qui fut ressurgit encore et encore, plus net, plus précis...
la peur, l'angoisse...
Non. Regardez au-delà du sommeil, au-delà de la femme, au-delà
des images...
Alors vous apparaîtra, limpide comme une source fraîche, la
seule vision qu'il soit possible à vos âmes d'accéder,
la Beauté de la vie, et la force de l'Essence !
Dans vos questionnements, vous ne pouvez retrouver que l'illusion des
mots, histoires anciennes, bribes trop humaines, alors laissez donc vos
mentals se calmer, n'attendez plus rien et vous recevrez tout !
Vous comprendrez que le passé n'est plus, mais se pose encore sur
vos mémoires, non pour vous inciter à savoir mais afin de
faire jaillir de vous l'Unique Pensée Primordiale.
Ainsi vous comprendrez en douceur mais avec force, que l'important n'est
pas de souffrir en mourant mais de mourir en aimant, qu'importe le suplice,
qu'importe mes si douces amies, l'important est aujourd'hui de dépasser
le temps !
Si les questions sont pour certains possibilités d'éveil,
à vous est donné le substrat magique de prendre l'Essentiel
et de le fondre dans vos visions, ainsi elles seront justesses !
Vous êtes humaines comme je le suis, mais n'écoutez pas vos
pensées, vivez les en réalisant votre TOUT !
Pas d'apesanteur sur le rictus mortuaire, regardez le Sourire, la Victoire.
Je vous aime.
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