Dessin d'Eric S - "Outremonde"
 
     
 

Alors les Astres s'unissent à leur Zénith, Lune et Soleil, Soleil et Lune, et dans l'éternité du Temps hors du temps, les Portes de l'Enfer s'ouvrent sur le Royaume d'Epondis.

Lentement, elles se parent de leur plus belle armure.
Lentement, ils les oignent du plus bel amour.
Dans le secret de l'antichambre de la mort, tous se préparent en silence. Gestes doux, gestes tendres, regards croisés…

La Fleur de Feu s'épanouit, ardente et brûlante.
Le Vent se lève.
La Terre se fait matrice d'Amour.

L'Union se tisse, au creux de l'Univers, autour de la Femme-Enfant, dans le Principe Sacré de Seth. Petite humaine au regard apeuré, comme ta Foi est belle, comme ton courage est grand !

Et la Gorge de Lucifer vomit ses démons. Pour eux, c'est jour de fête. Ils croient au retour de leur Reine. Leur Maître attend, là, en-bas, l'offrande qu'elle lui fera pour prix de sa trahison.

 
 


L'Appel résonne.
C'est l'heure !

Alors, à travers la fine toile qui tisse le Cosmos, tous prennent place, Unis dans l'infinitude de Sa Volonté.

La Fleur de Feu porte dans ses bras la Femme-Enfant et suit le Vent dans la descente au cœur de l'Antre d'Emeraude.
Marche après marche, le monde des Ténèbres fait peser son effroi. L'infamitude grouillante et abjecte crache son venin sur la Pureté Divine de la Flamme Bleue, empoisonne la digne Enfant de l'Humanité, et acclame le retour de celle qui fut des leurs.
Et elles marchent, toutes trois, unies dans le chant de la Terre qui tisse son fil d'Ariane, unies au-delà de l'univers à Ceux qui les nourrissent d'Amour Vibrant.
Et elles arrivent là où celle qui fut immonde parmi les immondes avait enseveli la part de l'Humanité inconsciente.
Alors, la Fleur de Feu ouvre son cœur et opère le miracle de la Renaissance. Et pendant que les fils des Ténèbres grondent et grognent, voici la Femme-Enfant, réunifiée à son Tout, qui renaît Aurore de l'Humanité.

A genoux, Homme, Nous saluons ton Avènement !

Mais le Maître apparaît, hilare et victorieux, pour soumettre la Fleur de Feu. Lui aussi est venu prendre possession de l'offrande de celle qui lui revient… du moins le croit-il. Car, dans l'Instant Ultime, il n'a rien à prendre, le Feu s'offre à lui, spontanément ! Sacrifice de Vie dans le Renoncement Absolu. Ah, comme le Maître a joui. Mais un court instant seulement, car il n'a rien vu, pas compris, si sûr de lui, si sûr de son pouvoir sur celle qui fut sienne. Le Feu offre son Âme à l'amour de sa Sœur. Renaissance pour celle qui portait en elle le fardeau de la chute. Instant solennel sur le fil fébrile du temps… où tout peut basculer ou renaître à la Vie… car c'est en Enfer que se trouve le secret des destins.
Il n'y eut pas perdition, cette nuit là, mais Victoire d'Amour, le Vent rattrappa la Fleur de Feu dans sa chute inexorable vers le Néant, la ramena avec l'Enfant-Fleur vers les Siens, et referma les Portes sur le cri de fureur d'un monde auquel elle n'a jamais appartenu.

Ainsi, Homme, ton Espoir s'est-il forgé en une nuit dans les entrailles d'Epondis.
Par le Feu, la Terre, l'Eau et le Vent, unis dans l'Amour vibrant, à tous les étages du Cosmos.

L'Aurore d'une Humanité Nouvelle s'est levée.
Alors, Homme, lève-toi à présent, et emprunte le pont qui s'est ouvert devant toi, au creux de ta Nuit.

Je te Salue.

 
     
Zhylandhya (19/02/2006)
 
   
   
 
   
     
 
 
     
 

Dessin d'Eric S - "La Wouivre"
 
     
 

Vois, Homme, qui je suis.

Je fais partie du Peuple des Semeurs. Je suis venue ici, il y a bien longtemps, avec mes Frères, mes Sœurs, participer à l'ensemencement de ta planète et donner vie à ton Essence. Au début, ton Peuple et le mien étaient unis, dans l'Amour du Grand Tout. Et puis… que s'est-il passé ? Je ne m'en souviens plus. Tu as désiré suivre, Enfant, ta propre voie. Normal, l'Adolescent a besoin de se forger de lui-même… Mais dans cette voie, ton Peuple s'est perdu et nous a reniés, car sur son désir d'indépendance était posée l'haleine fétide du Serpent aux yeux d'Emeraude. Pourtant, nous ne pouvions nous résoudre à t'abandonner à ton sort, malgré ton choix, exprimé dans l'ignorance, et nous ne comprenions pas la dureté de ta lutte dans ton désarroi. Ainsi, nous fûmes plusieurs à abandonner nos ailes pour t'accompagner dans ton errance…

Oui, aujourd'hui, le Vent se lève, et je viens te conter l'histoire de l'Espoir…

Habillés de ta peau, habillés de ton âme, nous nous plaçâmes sur ta route, emboîtant ton pas, afin de connaître comme toi les affres de l'Oubli et nous donner les moyens d'être à même de te guider aux Temps de Fin. Plusieurs de mes Frères sûrent garder la tête haute, et vinrent au cours de ton histoire t'indiquer bien des pistes, te donner bien des clefs. D'autres chutèrent… dont je suis. Homme, j'ai sombré avec toi dans le Néant et le Chaos. Dans les méandres de l'Enfer, je t'ai accompagné. Tes souffrances et tes tortures, je les connais. Tes haines et tes déchéances, je les connais. J'ai commis bien des crimes et hurlé ma rage et ma désespérance à tous les vents, dans mon humanitude perdue, au creux de l'Oubli.

Oui, aujourd'hui le Vent se lève, et je viens te conter l'histoire de l'Espoir…

Je fus reine, je fus manante, je fus grande, je fus petite… je fus toi, tout simplement toi. Mon nom plane encore dans nombre de tes légendes, Homme. Le plus souvent sali, le plus souvent dénigré, le plus souvent en proie à l'abomination… parfois à raison, parfois à tort, et quasiment toujours incompris. Je fus Dahut, je fus Morgane, je fus… Selaeht, qui planait de vie en vie, jusqu'à ce jour. De moi, tu as fait ta Vouivre.

Dans ton regard, et dans mon humanitude perdue, je me suis haïe, bien plus que tu ne m'as haïe, laissant alors l'Ombre étendre son pouvoir sur moi. De ma souffrance, il a tiré sa substance et sa force, et a assis son emprise sur moi. Il a bâti son empire sur le monde de l'Illusion, manipulant à sa guise mes perles d'amour, torturant mes rêves enfouis, piétinant mes parcelles d'espoir, soufflant le sel sur mes plaies et attisant en moi le désir de la vengeance… désir né de mes incertitudes, de mes incompréhensions, de mes émotions humaines…

Oui, aujourd'hui le Vent se lève, comprends-moi Homme, je viens te conter ton histoire…

Car, Homme, parmi les tiens, je fus Fille de l'Errance, j'ai porté en moi le fardeau qui est le tien, celui du péché originel qui n'est rien d'autre que l'Oubli de ta Source ! J'ai porté ma faute, ta faute… J'expie mes crimes, tes crimes… De ton désir d'indépendance je me suis revêtue, me coupant des miens, me coupant de la Force de l'Union, pour accompagner l'expérimentation nécessaire de l'homme pour l'Homme !

Néanmoins, en moi, et par toi, Homme, j'ai gardé le Sceau de la Foi, le Sceau de l'Espoir, j'ai préservé au cœur d'Epondis, l'étincelle Divine qui est la mienne, qui est la tienne. Et l'Amour des miens a traversé l'éternité pour me rendre Vie, comme l'Amour de ton Père n'a jamais cessé de t'accompagner.

Oui, aujourd'hui le Vent se lève, comprends-moi Homme, je viens te conter ton histoire…

Tout comme toi, Homme, longtemps je me suis refusée à entendre leurs appels, par peur de les salir de mes larmes, par peur de les tâcher de mon dégoût de moi-même, par peur de boire dans leurs yeux ma propre honte… mais la honte, Homme, n'habite que dans le cœur de celui qui ne se relève pas !
Crois-moi, aujourd'hui je sais que rien de tout cela ne peut être puisque l'Amour transcende tout.
Aujourd'hui je suis entourée et nourrie de cet Amour incommensurable de Ceux et Celles qui ne m'ont jamais abandonnée, malgré toutes mes fautes, malgré toutes mes souffrances, malgré toute mes ignominies. Tout comme toi, Homme, tu es béni par l'Amour de Dieu.

Oui, aujourd'hui le Vent se lève, et je viens te conter l'histoire de l'Espoir…

Homme, les Temps sont là !
Le Vent se relève et rejoint les Siens.
La Terre fleurit dans l'Equilibre Cosmique pour son Enfant Divin.
Le Feu brûle dans Son Essence pour l'Union du Ciel dans la Terre.
Le Vent Souffle de l'Essence Primordiale, balayant les cendres et laissant apparaître les myriades d'étoiles-lumière.
Et l'Eau ruissellera bientôt, vive et claire, doux chant de Vie.

Oui l'Eau ! Car parmi les tiens, l'une des vôtres se prépare. Porteuse de l'Espoir de l'Humanité, elle s'apprête et se pare de la Force de l'Eau. Ainsi les 4 forces, unies en un Tout, oeuvrant toutes pour l'Avènement de l'Homme !

Nous nous réUnissons autour de ton berceau, nous accompagnons tes derniers pas de petit homme. Nous t'appelons vers ta Lumière.

Au sein de ton Peuple, des Hommes déjà se sont levés. Au sein de ton Peuple, certains de mes frères dorment encore. Nous vous appelons tous, pour la Nouvelle Alliance ! Je vous montre la voie, suivez la voix du Vent, entendez l'Appel : que les Eveillés Perdus s'ouvrent et libèrent leur Essence.

Oui, aujourd'hui le Vent se lève, Vent Messager, et je viens te porter le Message du Père…

Homme, Lève-toi et Marche !

Sous la lune d'argent, elle lisse ses cheveux,
se mirant dans le lac aux reflets de feux par son front brûlant.
Seule, à l'abri des regards,
elle porte sur le monde environnant, des soupirs, des lassitudes mais jamais de jugements.

Depuis la nuit des temps, elle porte le poids des hommes,
enlaidie à l'extrême par les peurs, par les dogmes.
Elle est nuit millénaire qui s'éclaire pour celui,
qui sans crainte et sans bruit, apprend à la connaître.

Elle harpente toujours les brumes et vos eaux les plus noires,
et ce qui ressurgit par sa force notoire, n'est que le reflet de vos âmes endormies.
La wouivre porte l'habit de Lumière cachée,
elle ne se dévoilera
qu'en votre Divinité retrouvée !

 
     
Iloha, Zhylandhya
(23/02/2006 - 01/03/2006)
 
     
 
 
 
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